Devenir serpent

Quand viennent les beaux jours, le spectacle des jupes courtes me laisse indifférent. Tout comme celui des petits tops moulants et autres débardeurs dévoilant la peau des inconnues. Entre autres spectacles erotico-vestimentaires, celui des pieds à découvert est de loin le plus important à mon coeur. Je n’ai d’yeux que pour les pieds mis à l’air dans les claquettes, sandales, nus pieds et autres spartiates… C’est une époque où, comme par enchantement, toutes les filles, même les plus vilaines, les plus horribles et les plus froides, transpirent de sensualité. À l’approche de l’été, je dois me retenir de ne pas ramper à plat ventre dans les rues en léchant la poussière des trottoirs pour étancher ma soif. Je dois me retenir de ne pas devenir serpent pour m’accrocher aux jambes des femmes et me nourrir de leur sel. Parmi toutes celles qui foulent la Terre, ce qui me rend le plus fébrile, ce sont les femmes musulmanes recouvertes de tissu de la tête aux chevilles, à un détail près : uniquement celles qui ont oublié, sciemment ou non, de cacher la peau de leurs pieds. C’est alors une envie de sacrilège qui me surprend. Ce que les femmes ne soupçonnent pas, c’est que l’été, pour des hommes comme moi – fascinés, submergés, électrifiés par la vue du moindre morceau de pied – c’est comme si elles portaient leurs attributs sexuels au bout des jambes. Comme si elles se baladaient la chatte à l’air, les nichons en éventail et le cul à la vue de tous, sans craindre de provoquer le moindre scandale. Et c’est tant mieux. Si jamais elles prenaient conscience de la chose, la honte les ferait choir de leur piedéstale.

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