Ce fantôme de la mémoire

Osez 20 histoires sea sex and sun

Voilà plusieurs années que je m’astreins à maintenir une sorte de journal intime, avec plus ou moins de réussite tant il me répugne d’ajouter de l’information à l’information, et qu’il me reste comme une drôle de question en travers de la gorge :

— De qui parle-t-on, au juste ?

Je relis parfois ces notes éparses dans lesquelles j’archive rêves notables et pensées dont j’estime, sur le moment, qu’elles méritent d’être posée sur le clavier pour leur teneur spirituelle ou intellectuelle.

Et toujours cette même question en me relisant :

— Quel est ce moi qui a écrit ça ?

Cette terreur devant l’inconnu, je l’éprouve nettement moins en relisant mes fictions, mêmes anciennes, tant ces univers me paraissent plus réels que certains épisodes de ma vie dont je ne devrais avoir aucune raison sérieuse de douter de leur véracité.

C’est pourquoi cette histoire d’ados sur la plage et sous le soleil (in Osez 20 histoires sea, sex and sun) me semble aujourd’hui plus réelle que mes propres amourettes de jeunesse. Pourtant, je ne suis pas sûr d’avoir voulu fantasmer cette histoire de première fois, lancé que j’étais à la poursuite de ce fantôme de la mémoire :

… je me disais qu’il serait peut-être plus simple d’affronter un fantôme que d’avouer mes sentiments à une fille de mon âge. Je me disais aussi que les filles et les fantômes n’étaient que des histoires que l’on se raconte pour se faire peur.

Dans tout le fatras de signes jetés sur mon écran, je n’ai jamais peut-être écrit quelque chose de plus proche de la vérité.

Laisser un commentaire