La voix du sang

la voix du sang

Plusieurs visions d’importance dans la nuit. L’image insistante, lors de plusieurs rêves successifs, d’une bulle ou d’une sphère portée haut dans le ciel. Une sphère en plein ciel, volant au-dessus d’une forêt très sombre, dans une ambiance proche du clair-obscur surréaliste de L’empire des lumières de Magritte (en version désaturée). Je me suis donc retrouvé à plusieurs reprises en face de ce message, puisque cette boule portait quelque chose en elle. Une idée qui me reste un mystère. Dans cette vision, la forêt avait autant d’importance que la bulle, si ce n’est plus. La bulle portait le message, comme si elle contenait une cellule en mitose, ou le contenu d’un oeuf. Mais c’est la forêt qui m’appelait silencieusement.

Fait notable : j’ai hier pensé à ce tableau de retour chez moi, en passant dans une petite rue. Ce tableau était donc présent à mon esprit. Chose troublante, je découvre que ce tableau est aussi appelé La maison des rêves. Une recherche sur cette expression me fait tomber sur un autre tableau de Magritte qui m’était totalement inconnu – La voix du sang – dont le dessin reprend quasiment trait pour trait l’image de mon rêve.

Au centre du tableau, un arbre en pleine feuille, visiblement un chêne, dont le tronc est ouvert. Deux portes ouvertes. Celle du dessus est sur le point d’avaler une sphère blanche, à moins qu’elle soit en passe de s’échapper. La porte du dessous s’ouvre sur l’image de la maison de l’empire des lumières, dans l’ombre, toutes fenêtres allumées.

En arrière-plan, dans la nuit, une rivière traverse la composition en diagonale, vallée d’une montagne aux cimes enneigées. Une lumière semble poindre à l’horizon, mais ce pourrait tout aussi bien être la lueur de la Lune, ou d’une cité, car les feuilles de l’arbre sont illuminées sur les bords du cadre.

La voix du sang, comment interpréter ce titre ? Quelle voix, quel sang ? La voix intérieure ou la voix de la forêt ? Du sang ou de la sève ?

En y regardant de plus près, une troisième porte cherche à s’ouvrir au-dessus des deux premières. Une porte entrouverte. Un réflexe Jungien me fait penser corps, âme, esprit. Un autre réflexe m’ordonne ne pas chercher d’explication systématique, de rester à l’écoute de cette voix, d’attendre de voir dans quel genre de forêt ces portes s’ouvrent elles.

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