Les puissances du mal

Dans la préface des Puissances du mal de J.E. Hallier, A. Philonenko met en exergue le mensonge comme première figure du mal, selon l’idée que le mensonge est un acte métaphysiquement abominable.

Dans Les illuminations érotiques d’un profane, John explique tout au long du livre qu’il ne ment pas, ou qu’il se garde de mentir à ses conquêtes, ses collègues, ses clients. Pourtant, il cherche à échapper à ses propres mystifications, jusqu’à envisager de se confesser, par tous les moyens, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Je n’ai pas insisté sur ce point, comme je n’ai pas insisté sur les sept pêchés capitaux que le narrateur se fait un malin plaisir d’expérimenter. Malgré tout, c’est le mensonge qui l’appelle et l’entraîne vers le fond. Dans cette fameuse préface des Puissances du mal, il est écrit que d’une certaine manière les pages où émerge la sexualité sont les seules d’où le mensonge est absent, donc le Mal.

La formule s’applique à la lettre aux illuminations.

Si je vous parle de ce livre et plus particulièrement de cette préface, c’est que je l’ai découverte dans les heures qui ont suivi la dernière relecture de mon roman. J’avais retrouvé ce vieux bouquin (déjà trouvé au hasard d’une brocante) en opérant quelque tri dans ma bibliothèque. Une de ces vaines tentatives d’organisation durant laquelle je me fis la réflexion que l’on ne posait jamais vraiment le point final d’un livre. Tant qu’il n’est pas figé sous les presses de l’imprimeur ou envoyé sur les serveurs d’Amazon, un texte était toujours soumis aux implacables lois de l’entropie.

Comme par une éclatante synchronicité, les Puissances du mal me sont donc littéralement tombées dans les mains. En plus de ces digressions sur le mensonge et le mal, j’y retrouvais une remarquable citation d’Ovide que je décidai de placer sur-le-champ en épigraphe.

Je vois le Bien, je l’approuve et je fais le Mal ; une force capable de pousser le meilleur des hommes dans les situations les plus méprisables sans qu’il ne songe à quitter des yeux l’horizon, dans l’attente d’une incorruptible promesse d’aurore.

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