Quand les mots restent aux vestiaires

Ce fut une réelle surprise de voir mon texte choisi pour ce nouveau volume de la collection Osez 20 histoires (dans les vestiaires –http://www.lamusardine.com/…).

J’avais écrit une première nouvelle dont le sujet collait en partie avec le thème (un huis-clos dans un vestiaire), mais l’histoire n’avait rien à voir avec le sport, ni avec le fantasme du sportif (un des thèmes annexes de cet appel à textes).

J’ai donc tout repris de zéro pour écrire dans le temps de l’urgence.

Si je suis surpris de voir mon texte au sommaire, c’est que la fin de cette seconde nouvelle m’a longtemps posé problème, au point de repousser l’envoi à la dernière limite, à deux heures de la date fixée par La Musardine.

Une fois le texte envoyé, alors que je me concentrais sur une activité d’un autre goût, comme savourer une double dose de single malt en contemplant l’apparition des premières étoiles dans le ciel, tout s’arrangea dans ma tête. Le texte prit une autre tournure. Je vis ce que le narrateur aurait dû voir, ce qu’il aurait pu faire. Je compris qu’il avait loupé l’occasion de retourner au vestiaire pour trouver la fille, celle qui cherchait l’objet, pour une fin plus dramatique qui aurait pu tourner au délire, ou sur une autre énigme…

Sans en dire trop sur l’intrigue, et sans remettre en cause le texte, je devais moi aussi accepter la présence de grains de sable dans mon histoire (le titre du texte étant “La théorie du grain de sable”).

Je devais aussi me rendre à l’idée que je ne suis qu’un scribe, un pauvre hère soumis aux caprices du langage. D’avoir trop lutté contre le temps et les mots, ces derniers m’ont résisté jusqu’à ce que je finisse par capituler. Il y a une ironie dans cette affaire qui n’est pas pour me déplaire.

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