Pourvu que la mémoire de cette femme m’échappe pour de bon

Pourvu que la mémoire de cette femme m’échappe pour de bon, c’est ainsi que le narrateur de mon dernier texte paru chez La Musardine formule son souhait le plus cher. Sur les 20 histoires de correspondance érotique comptant dans ce recueil de nouvelles, cette histoire possède ceci de particulier que les termes de la correspondance se fixent en une seule lettre, à sens unique, où le narrateur expose le déploiement d’une obsession, les prémices de son trouble et ses distorsions les plus perverses.

Une obsession sexuelle, donc, autour d’une femme qui ne sera jamais véritablement nommée puisque le destinataire et l’expéditeur se partagent ce secret. Pour l’un comme pour l’autre, les mots formulés à l’écrit se présentent comme le seul moyen de s’entendre, et la seule façon de parvenir à ses fins pour ce voyeur improvisé, comme si écrire avait le pouvoir de condamner un fantasme au silence.

Sous cette plume, l’écriture paraît davantage un moyen de se libérer d’une mémoire parasite que de fixer les choses dans la réalité, à moins que cette délivrance ne devienne contamination, pareille à quelque virus lancé par voie postale…

En attendant la parution de mon prochain roman aux éditions Numeriklivres, je viens d’apprendre qu’un autre de mes textes est sélectionné pour le prochain volume de la collection Osez 20 histoires, où il sera à nouveau question d’obsession sexuelle puisqu’il s’agit très précisément du thème imposé par les éditeurs.

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